Détergents, éléments ou produits ajoutés dans les couleurs, pesticides ou aussi médicaments, les perturbateurs endocriniens se retrouvent sous diverses formes et dans divers milieux. Ce qui lie ces substances produites artificiellement ou naturellement, c'est un effet secondaire négatif: elles agissent sur le foyer hormonal; et cela peut avoir des conséquences négatives pour les êtres humains, les animaux et des écosystèmes entiers. Ainsi par exemple, l'extinction de la loutre en Suisse est imputée à la contamination des poissons, leurs proies, par les PCB (biphenyls polychlorés), interdits dans l'intervalle. Chez les êtres humains, la présence dans l'atmosphère de perturbateurs endocriniens se traduit par une incidence en hausse des cancers du sein et des testicules ou par des modifications des fonctions reproductrices.
De nombreuses études en Suisse ou à l'étranger montrent que les atteintes à la santé ou au système reproducteur des êtres humains et des animaux sauvages augmentent et que ces produits chimiques dans l'environnement favorisent vraisemblablement ce développement. Cependant, un lien de causalité n'est actuellement prouvé que dans peu de cas. Ainsi, par exemple, l'ampleur des dommages causés par ces substances endocriniennes sur les êtres humains, animaux sauvages ou domestiques est encore inconnu en Suisse, comme l'est la question de savoir quelle substance joue un rôle essentiel dans ce processus.
Le Programme national de recherche «Perturbateurs endocriniens: Importance pour les êtres humains, les animaux et les écosystèmes» (PNR 50) veut éclaircir de telles questions. Il est géré par le Fonds national suisse et coordonné avec des programmes internationaux; il rassemble des domaines interdisciplinaires de la biologie moléculaire jusqu'à la biologie des espèces sauvages et s'adresse très fortement à la relève scientifique. Les objectifs des travaux de recherche, dont le démarrage est prévu le 1er janvier 2002, sont: évaluer l'exposition actuelle aux perturbateurs endocriniens pour les êtres humains, les animaux et l'environnement, gagner des informations précises sur les effets de perturbateurs individuels, mettre en évidence les dangers et les risques de l'exposition actuelle, développer des mesures de protection futures.