Berne, le 4 septembre 2007 

Clôture du Programme national de recherche «Paysages et habitats de l’arc alpin» (PNR 48)


Futur des paysages alpins suisses: il faut une meilleure coordination des politiques 

En Suisse, les paysages alpins jouent un rôle important tant au niveau économique, écologique qu’identitaire. Si l’on veut qu’ils continuent à assumer ces fonctions, leur développement ne peut être laissé au hasard. Une coordination renforcée des diverses politiques au niveau régional est indispensable. Telle est l’une des conclusions du Programme national de recherche «Paysages et habitats de l’arc alpin» (PNR 48), qui vient de se terminer. Le PNR 48 propose d’établir une «convention de prestation liée au paysage», associant les transferts financiers des pouvoirs publics dans ces régions à des prestations paysagères définies.

Les paysages alpins sont un élément central de la marque «Suisse» et de l’identité helvétique. Ils présentent une diversité culturelle et écologique exceptionnelle, qui s’est développée comme le produit dérivé de l’agriculture, de la sylviculture et du tourisme. Aujourd’hui pourtant, ces paysages sont marqués par plusieurs tendances: la forêt pousse sur des sites dévolus jusqu’à récemment à l’agriculture, la construction modifie les villages et l’espace ouvert, l’agriculture moderne gomme la diversité paysagère. Par ailleurs, notre société multiplie ses attentes envers les paysages alpins: on leur demande non seulement de servir la production alimentaire, mais aussi de servir de cadre aux loisirs et au repos, de traduire une identité patriotique, de satisfaire aux attentes en terme de biodiversité et de paysages sauvages, ou encore de protéger contre les catastrophes naturelles. Ces exigences débouchent toujours plus sur des conflits entre les différents usages du paysage, ainsi qu’entre propriétaires fonciers et usagers du paysage.

Aménager le développement du paysage
Pour satisfaire à l’avenir aussi ces attentes, les paysages et habitats alpins devront être considérés non plus comme l’un des produits dérivés de l’arc alpin, mais bien comme l’un de ses produits principaux. Les études réalisées par le PNR 48 démontrent que le développement du paysage doit faire l’objet d’un aménagement volontaire de la part des responsables politiques. Cela suppose un dialogue intense sur l’évolution souhaitée, d’une part entre les acteurs des régions alpines, de l’autre entre les régions alpines et les agglomérations urbaines.

Les politiques intervenant de façon déterminante dans le paysage – agriculture, sylviculture, promotion touristique et économique, développement des infrastructures, planification des transports et aménagement du territoire – doivent être mieux coordonnées au niveau régional. Une telle politique intégrée du paysage devrait être liée aux subventions publiques dans le cadre d’une «convention de prestations liées au paysage». Les transferts financiers des pouvoirs publics dans les régions doivent être liés à un cahier des charges précisant les prestations paysagères à réaliser. Il faut aussi concentrer ces prestations dans des domaines qui n’ont pas de place sur le marché, comme l’esthétique des paysages, leur valeur écologique, la biodiversité ou la protection contre les dangers naturels. En même temps, les opportunités de valeur ajoutée doivent être multipliées là où il existe un potentiel de nouvelles prestations, qu’elles soient commercialisables ou non.

Pas de tout partout
Si l’on veut pouvoir utiliser l’arc alpin de façon optimale tout en appréciant à sa juste valeur sa diversité culturelle et écologique, il incombe aux responsables de viser davantage un développement différencié. Celui-ci s’appuie dans les régions sur les potentiels économiques et écologiques existants des paysages, ainsi que sur les potentiels susceptibles de générer une valeur ajoutée. La construction et le développement économique doivent se concentrer sur les centres alpins. Dans les régions périphériques, on encouragera des formes d’utilisation proches de la nature dans les domaines de l’agriculture, de l’artisanat et du tourisme. Les régions doivent développer leur propre mélange d’offres entre biens commercialisables et biens collectifs.

Le fait que la Confédération ait déjà commencé à abandonner l’aide structurelle généralisée exige de la population de l’arc alpin une grande capacité d’adaptation et une grande force d’innovation. Les offres de formation et de formation continue, conventionnelles ou nouvelles, devraient renforcer la responsabilité individuelle et faire éclore des stratégies prometteuses. Toutefois, à l’avenir, les régions les plus périphériques vont probablement manquer de personnes actives en mesure de maintenir un développement économique solide. Dans ces cas, le recul du peuplement pourrait signifier un modeste nouveau potentiel de paysages naturels et sauvages.

Publication:
Bernard Lehmann, Urs Steiger, Michael Weber: Paysages et habitats de l’arc alpin. Entre valeur ajoutée et valeur appréciée. vdf-Verlag, Zürich 2007. Avec une importante bibliographie concernant le PNR 48. CD-ROM inclus, 83 pages, Frs. 25.-

A ce sujet

Contact

Prof. Bernard Lehmann
Président du Comité de direction du PNR 48
Institute for Environmental Decisions IED
Agri-food & Agri-environmental Economics Group
EPF Zurich, Sonneggstrasse 33
CH-8092 Zurich

tél.: +41 (0)44 632 53 91
mobile: +41 (0)79 416 61 42
fax: +41 (0)44 632 10 86
e-mail: lehmann@ethz.ch

© FNS 2013 | Wildhainweg 3, C.P. 8232, 3001 Berne | Tél. +41 31 308 22 22 | Impressum | imprimer la page | recommander cette page Lien vers le site web de la fondation "Accès pour tous" SNFWEB07