Berne, le 29 novembre 2000 

Image du mois: Des cultures bactériennes sélectionnées suppriment des levures et des moisissure


Conserver des yaourts aux fruits de manière naturelle  

Des desserts au yaourt avec des fruits entiers et non-traités passent pour délicatesse et pourraient être vendus à l'étranger, s'ils se conservaient mieux. Avec le soutien du Programme Prioritaire Biotechnologie, des chercheurs de l'EPF de Zurich ont developpé une méthode naturelle, grâce à laquelle des yaourts aux fruits se conservent plus longtemps. Les scientifiques utilisent des cultures bactériennes, qui sont parentes à celles de la fermentation des yaourts et des fromages d'Emmental. Les microorganismes du groupe des bactéries propioniques et lactiques sont originaires d'aliments et ont été selectionnés en vertu de leur capacité d'inhiber des levures et des moisissures. Au laboratoire, une combinaison des deux groupes bactériens s'est révélée particulièrement couronnée de succès. En collaboration avec un producteur suisse de yaourt, les chercheurs vont tester si cette combinaison s'avère efficace en pratique.

Des levures et des moisissures (à droite, au-dessous) ne se développent pas sur la culture qui contient des bactéries sélectionn 

Des levures et des moisissures (à droite, au-dessous) ne se développent pas sur la culture qui contient des bactéries sélectionnées (à droite, au-dessus). Ce phénomène pourrait être exploité pour conserver des desserts au yaourt avec des fruits entiers et frais.



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Des yaourts avec des fruits entiers et frais sont nutritifs et délicieux. Mais cela a un prix: ils se conservent moins longtemps que les yaourts aux additifs de fruits stérilisés. Ceci n'est pas un problème pour leur vente en Suisse. Cependant, leur acheminement à l'étranger - où, selon certaines enquêtes, leur succès devrait être grand - prend trop de temps. Bien que dans l'UE les agents de conservation chimiques qui pourraient résoudre ce problème soient autorisés, de nombreux consommateurs et consommatrices préfèrent des aliments les plus naturels possible. Dans le cadre du Programme Prioritaire Biotechnologie, des chercheurs de l'EPF de Zurich ont développé en collaboration avec les responsables de la Centrale laitière d'Aarau (Aargauer Zentralmolkerei) à Suhr une méthode pour remplacer les agents conservateurs chimiques. Ils utilisent des cultures bactériennes, qui sont parentes à celles de la fermentation du lait: des bactéries propioniques et lactiques. Elles transforment le lactose en acide lactique et en acide propionique, formant ainsi des agents inhibant des substances concurrentes telles que des levures et des moisissures - une propriété utilisée également pour la fermentation normale du lait.

Leo Meile, du Laboratoire de microbiologie alimentaire de l'EPF de Zurich, travaille déjà depuis relativement longtemps avec des bactéries propioniques, qui contribuent par exemple à la formation des grands trous du fromage d'Emmental. «Nous avions l'impression que le potentiel des bactéries propioniques n'était pas complètement exploité», déclare-t-il. C'est ainsi que sa collaboratrice Susanne Miescher et son équipe se sont mis à rechercher des cultures bactériennes capables de supprimer les levures et moisissures, particulièrement redoutées dans l'industrie laitière. A partir d'aliments tels que le lait cru, ils ont isolé et testé en laboratoire environ 120 types de bactéries propioniques, en les faisant croître sur des cultures bactériennes et en mesurant leur aptitude à inhiber levures et moisissures.


Plus efficace en équipe
 
Une souche bactérienne s'est révélée particulièrement efficace. L'équipe de chercheurs a découvert aussi entre-temps que, combinées aux bactéries lactiques, les bactéries propioniques avaient une action encore meilleure. Ils ont débuté alors une nouvelle série de recherches en laboratoire et ont trouvé une combinaison optimale de bactéries.

La prochaine étape majeure (au début de 2001) démontrera dans le cadre d'essais pratiques si cette combinaison de bactéries propioniques et lactiques est également performante avec des yaourts aux fruits. Dans l'affirmative, cela signifierait pour le partenaire industriel du projet, la Centrale laitière d'Aarau, que son problème serait proche d'être résolu. Quant aux scientifiques, ils n'en resteront pas là. Ils veulent découvrir comment les microorganismes s'y prennent pour inhiber leurs concurrents.

Contact

Renseignements sur le projet:
 
PD Dr. Leo Meile
Institut für Lebensmittelwissenschaften der ETH Zürich
Labor für Lebensmittelmikrobiologie
LFO G 20
ETH-Zentrum
8092 Zürich
Tel. 01 632 33 62
Fax 01 632 12 66
E-Mail: leo.meile@ilw.agrl.ethz.ch  
 
 
Renseignements sur le programme:

Prof. Oreste Ghisalba
c/o Novartis Pharma AG
WSJ-508.202a
4002 Basel
Tel. 061 324 30 84
Fax 061 324 21 03
E-Mail: oreste.ghisalba@pharma.novartis.com

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