Egalité : sur la bonne voie, mais cela ne suffit pas

17/12/2019

Le FNS a-t-il désavantagé des chercheuses lors de l’octroi de subventions ? Le rapport Genre 2019 ne constate pas de discrimination manifeste, mais signale des biais.

Le FNS s’efforce depuis longtemps d’accorder les mêmes chances aux femmes et aux hommes dans l’encouragement de la recherche. Des analyses statistiques du processus de sélection indiquent si des chercheuses ont été victimes de discriminations. Le rapport Genre 2019 traite de l’encouragement des projets, instrument dans lequel le FNS investit environ la moitié de son budget. Les chercheuses et chercheurs établis peuvent demander un soutien financier pour leur projet en avril et en octobre de chaque année. Le rapport analyse plus de 20’000 décisions de financement entre 2008 et 2018.

Moins de requêtes

Lors de cette période, les femmes ont été moins nombreuses que les hommes à déposer une demande de financement de leur projet. Les proportions varient en fonction du domaine scientifique. Ainsi, dans les sciences humaines et sociales, 41 % des demandes déposées en octobre 2018 l’ont été par des femmes ; ce taux ne se monte qu’à 14 % dans les domaines des mathématiques et des sciences naturelles et de l’ingénieur.

Ces résultats ne surprendront personne. Ils sont comparables aux taux de chercheuses en Suisse qui entrent en ligne de compte pour l’octroi de ces moyens financiers.

Des chances de succès parfois plus faibles

Quelle est la probabilité que les requêtes soumises bénéficient d’un soutien par le FNS ? Constate-t-on des différences entre les chances de succès entre hommes et femmes allant au-delà des fluctuations statistiques standard ? Il se trouve que c’est le cas lors de certaines années. Or, ces différences s’avèrent moindres lorsque l’on tient compte de facteurs tels que le domaine scientifique, l’âge, l’institution de la personne ayant déposé la demande ou encore l’évaluation par des expert-e-s externes. Ces différences ne disparaissent pas complètement pour autant. Elles concernaient en particulier les mathématiques ainsi que les sciences naturelles et de l’ingénieur en 2015, tout comme les sciences de la vie d’octobre 2010 à avril 2013.

Ce sont surtout les expertises rédigées par des expert-e-s externes qui peuvent être relevées ; en effet, les demandes déposées par des femmes reçoivent, en moyenne, une note inférieure. Des analyses supplémentaires devraient permettre au FNS de déterminer si ces expertises externes présentent des biais en défaveur des femmes et, le cas échéant, il examinera comment les réduire.

Des montants de même niveau actuellement

Qu’en est-il des femmes qui connaissent le succès lors des procédures de sélection ? Le FNS leur octroie-t-il des moyens financiers de même ampleur qu’aux hommes ? Les chercheuses dans les domaines des mathématiques, des sciences naturelles et de l’ingénieur et des sciences de la vie ont parfois bénéficié de moyens inférieurs à ceux reçus par les hommes ayant demandé la même somme pour leurs projets. Les raisons ne sont pas perceptibles, mais le FNS tentera de les identifier. Les trois dernières procédures de sélection en 2017 et 2018 ayant fait l’objet d’une analyse n’ont indiqué aucune différence entre les sexes.

Sensibiliser les expert-e-s

"Il est réjouissant de n'avoir constaté aucune discrimination manifeste lors des procédures de sélection pour l’instrument d’encouragement des projets, et aussi que certaines différences ont disparu au cours des dernières années", déclare Simona Isler, déléguée à l'égalité du FNS. "Ce rapport nous indique aussi là où le bât blesse encore et où nous devons procéder à des corrections. Par exemple, nous pourrions sensibiliser les expert-e-s externes encore plus fortement à ce thème pour que les biais éventuels dans les expertises diminuent."

Profiter du pool de talents

Dans le cadre de futurs rapports Genre, le FNS souhaite continuer d’analyser sa procédure de sélection. En effet, de telles analyses s’avèrent importantes pour l’évolution de l’encouragement de la recherche. De plus, le FNS contribue à l’égalité des chances par diverses mesures de promotion spécifiques. Citons par exemple les subsides PRIMA pour les chercheuses d’exception sur la voie du professorat ou le subside Flexibility Grant, destiné aux chercheuses et chercheurs ayant des enfants à charge.

"Les femmes doivent bénéficier des mêmes chances de soutien financier que les hommes", insiste Angelika Kalt, directrice du FNS. "Le gender monitoring et des mesures de promotion spécifiques nous permettent de nous rapprocher progressivement de cet objectif. Les femmes et les hommes talentueux doivent pouvoir exercer leur activité de recherche sur un pied d’égalité, continue-t-elle. Ce n’est qu’ainsi que la Suisse exploitera au mieux son vivier de talents."

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