PRIMA 2021 : jeter des ponts pour changer le monde académique

24/03/2021

Les Advanced Leadership Dialogues ont eu lieu le 22 mars. Les quelque 180 participant·es à la visioconférence du FNS l’ont reconnu à l’unanimité : la culture du leadership académique doit changer.

​Comme l’illustrent clairement la crise du Covid-19 et le changement climatique, la société est actuellement confrontée à différents défis majeurs et urgents. De quoi la science et ses institutions ont-elles besoin pour apporter leur contribution essentielle à la résolution de ces problèmes de la meilleure façon possible ? Cette question a été explorée lors de la manifestation organisée par le FNS dans le cadre du programme Leadership dédié aux bénéficiaires de PRIMA.

Les expert·es invité·es sont unanimes à reconnaître qu’il est urgent de créer une nouvelle culture managériale. Afin de continuer à jouer un rôle central dans l’évolution de la société à l’avenir, les hautes écoles et d’autres institutions scientifiques doivent établir de nouvelles formes de coopération et de leadership. Et la mission des femmes scientifiques dans ce domaine est déterminante.

À ce titre, Helga Nowotny, ancienne présidente du Conseil européen de la recherche, a souligné dans son discours l’importance de jeter des ponts et de donner de la place aux idées non conventionnelles, mais aussi aux parcours professionnels et aux expériences qui sortent des sentiers battus. Pour ce faire, nous devons notamment revoir les structures temporelles académiques actuelles. "Le temps académique n’est pas le même pour les femmes et les hommes." Les chercheuses ne devraient donc pas devoir s’adapter à des échelles temporelles normées par des hommes et ne laissant pratiquement aucune place à des évènements tels que la maternité ou le travail de care. Bien au contraire : "Les femmes peuvent apporter leur sensibilité aux structures temporelles du monde académique." Elles apportent ainsi une contribution importante à la pluralité des accès et des perspectives dans la science.

Le discours d’Helga Nowotny a suscité un vif intérêt et provoqué des questions et des discussions passionnantes. Une participante a par exemple voulu savoir comment empêcher que des instruments tels que PRIMA soient perçus négativement et que les femmes, au lieu d’être estimées pour leur travail, soient dévalorisées par les quotas. La réponse d’Helga Nowotny est encourageante : "vous êtes très bien et avez mérité vos postes et vos succès". Les chercheuses ne devraient pas se laisser déstabiliser par de tels discours ou commentaires. Pour cela, elles doivent réseauter entre elles, car l’union fait la force.

D’éminentes personnalités issues de divers horizons ont ensuite pris part au débat. Parmi elles : Matthias Egger (président du Conseil de la recherche du FNS), Anna Wahl (membre de la commission pour l’égalité du FNS, professeure en études de genre, organisation et gestion), Martin Hilb (président du Swiss Institute of Directors et professeur émérite de gestion du personnel) et Katrin Hansen (professeure de développement des entreprises et de gestion de la diversité). La discussion animée entre ces expert·es a permis de dégager des idées intéressantes. Ainsi, le panel s’accorde à penser que de nombreuses connaissances existent déjà sur la manière d’atteindre davantage de diversité dans la recherche, et que le problème se situe souvent au niveau de leur traduction dans la pratique. Pour changer cela, nous devons être prêt·es à remettre en question des certitudes et des idéaux concernant le fonctionnement de la science pour s’engager dans des voies nouvelles en faisant preuve de beaucoup de créativité. En outre, Anna Wahl et Katrin Hansen ont proposé un changement de perspective : les thèmes tels que la culture managériale, la diversité et l’égalité devraient se trouver au cœur de toute discussion. La modestie n’a pas sa place ici, et nous devrions donner à ces préoccupations l’importance qu’elles méritent, en faisant preuve d’une grande confiance en nous et en montrant que cela devrait aller de soi.

Les boursières PRIMA, financées par le FNS, ont également joué un rôle important lors de l’évènement. Elles ont animé des discussions en petits groupes et soulevé des questions perspicaces et cruciales lors de la séance plénière. Par leur contribution à l’évènement, elles ont clairement fait valoir leur droit à une place dans les hautes écoles. La science ne peut en aucun cas se permettre de perdre ces femmes, leur curiosité, leur passion et leurs qualités de leadership. Les Advanced Leadership Dialogues tenus annuellement servent également de plateforme afin qu’un large public universitaire puisse connaître les femmes scientifiques de PRIMA. Ce faisant, le FNS souligne l’importance de la contribution des femmes à la science et à une nouvelle culture managériale.

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