Les cellules souches nerveuses ont la capacité étonnante de pouvoir donner naissance à une énorme quantité de cellules nerveuses. Mais elles peuvent aussi devenir anormales, s’emballer et produire des cellules cancéreuses entraînant une tumeur cérébrale mortelle.
Contexte
La médecine régénérative a, entre autres, pour but de soigner les tissus cérébraux endommagés (par exemple suite à un accident vasculaire cérébral) par greffe de cellules souches. Les cellules souches normales sont en mesure de donner naissance au nombre voulu de cellules nerveuses saines. En revanche, si elles deviennent anormales, les cellules souches produisent de nouvelles cellules de manière incontrôlée, ce qui entraîne l’apparition d’une tumeur. Cela est particulièrement grave lorsque de telles cellules souches génératrices de cancer se forment dans le cerveau. En effet, celui-ci est difficile d’accès et les lésions cérébrales sont irréversibles. Par conséquent, avant d’employer des cellules souches dans le traitement des lésions cérébrales, il est décisif de comprendre pourquoi certaines cellules souches nerveuses s’emballent tout à coup.
But
Les chercheurs vont tout d’abord étudier ces mécanismes sur la mouche du vinaigre, une espèce modèle dans la recherche en biologie des cellules souches. Chez la drosophile, on dispose aujourd’hui non seulement de diverses techniques éprouvées pour étudier les cellules souches nerveuses, mais on connaît aussi plusieurs facteurs impliqués dans le contrôle des cellules souches nerveuses. De plus, le groupe de recherche va tester tous les gènes de la drosophile (environ 18 000) pour découvrir lesquels participent à ce mécanisme. Ensuite, ils étudieront de plus près les gènes semblant être les candidats les plus prometteurs. À l’étape suivante, les chercheurs passeront de la mouche à la souris. Des gènes comparables chez la souris ont-ils des fonctions similaires de formation de tumeurs dans le cerveau du mammifère ?
Portée
Il est certain que les mécanismes qui sous-tendent la genèse de certaines maladies se déroulent de manière similaire chez l’homme et l’animal. Ce projet de recherche devrait contribuer à élaborer de nouvelles stratégies de prévention des tumeurs cérébrales dans le cadre de futurs traitements par cellules souches.
Titre original: From stem cell to brain tumor: a genetic analysis
(D-A-CH/LAV)
Octroi: CHF 274‘678.-
Durée: 36 mois
Responsables du projet
- Prof. Heinrich Reichert, Biozentrum, Universität Basel
- Prof. Jürgen Knoblich, Institut für molekulare Biotechnologie, Wien, A