Sur la voie du succès
La promotion de la relève au sein des Pôles de recherche nationaux rend possibles des carrières fulgurantes. Car les workshops, congrès et conférences organisés dans le cadre des Pôles de recherche permettent aux jeunes chercheurs de rester constamment en contact avec des scientifiques compétents.
La migration de la main-d'œuvre, le transfert des connaissances et le quotidien des chercheurs à l'étranger sont des notions bien connues de la jeune Marion Panizzon. Elle a vécu tout cela dans sa plus tendre enfance, son père s’étant rendu avec toute sa famille à Chicago pour faire des recherches. Sa fille le qualifierait aujourd'hui de «quasi-migrant». Le séjour de recherche de son père avait d’ailleurs, à l’époque, été soutenu pas le Fonds national suisse. Quant à sa fille, elle a pu y sentir à quel point les réalités de la vie à Chicago peuvent être différentes selon que l'on gagne peu ou beaucoup d’argent, si l’on est du pays ou étranger, si l’on a le droit d’y rester pour toujours ou seulement pour un séjour limité.
Ces expériences ont marqué Marion Panizzon et, aujourd'hui, devenue elle-même chercheuse, juriste diplômée, docteur, coresponsable de projet et chargée de cours à l'Université de Berne, elle effectue justement des recherches dans ce domaine au célèbre World Trade Institute (WTI) de Berne. Au sein du Pôle de recherche national «Trade Regulation – Les conditions cadres du commerce international: de la fragmentation à la cohérence», elle se penche avec son équipe sur les accords de partenariat en matière de migration, sur la façon dont ceux-ci sont constitués et s’ils pourraient faire office d'exemples pour la Suisse.
«En tant que postdoc, j'aurais certainement pu rédiger une thèse d'habilitation dans mon petit coin, en bénéficiant d'un encouragement de recherche libre ou des personnes du FNS, explique Marion Panizzon. Mais sans encadrement au sein du PRN, je n'aurais jamais pu nouer de précieux contacts avec d’autres scientifiques et surtout avec des organisations internationales.»
Au sein du PRN, la responsabilité des postdoc menant des projets, tels que Marion Panizzon, va au-delà de la recherche: elle touche aussi au transfert des connaissances, au suivi des doctorants ou au soutien des chercheurs étrangers intégrés dans l'équipe, aux contacts avec les médias. Le PRN incite l'équipe de recherche à organiser congrès et conférences, et à collaborer avec des organisations internationales, l'administration fédérale, les organisations non gouvernementales. De tels contacts permettraient de soutenir la pratique de manière nettement plus forte que par le biais d'autres bourses, souligne Marion Panizzon.
Le transfert des connaissances au sein du PRN a été déterminant dans le développement du réseau de M. Panizzon, qui a pu travailler trois mois au Center for Migration Policy and Society (COMPAS) de l'Université d'Oxford et placer ses recherches sous un autre angle. Par ailleurs, elle est parvenue à ce que l'International Center for Trade and Sustainable Development (ICTSD) de Genève, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l'Office fédéral des migrations se penchent sur ses recherches. «Ce que je n'aurais jamais osé espérer sans la pratique promue par le PRN», conclut Marion Panizzon. La jeune femme est convaincue que l'échange intensif débouche sur des résultats de recherche plus innovants qu'avec des mesures d'encouragement individuelles du Fonds National Suisse ou d'autres bourses. L'échange constant au sein du réseau de recherche du FNS et la compétitivité parmi les postdocs, dont beaucoup viennent de l'étranger, encouragent la flexibilité et incitent à penser différemment.