"Les pollinisateurs sont en déclin"

22/06/2016

Le premier rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) est paru en février 2016. Son thème: la pollinisation. Explications de Markus Fischer de l'Université de Berne, membre de l'IPBES.

(De "Horizons" no 109 juin 2016)​​​​​​

​Pourquoi ce rapport s'est-il limité à une question aussi précise? L'objectif de l'IPBES n'est-il pas de donner une vue d'ensemble?

La plateforme veut répondre à des questions qui intéressent les gouvernements. Celles-ci peuvent être spécifiques – à l'instar du rôle de la pollinisation dans la production de nourriture – ou être plus générales et porter sur la biodiversité et les services écologiques à l'échelle des continents. Un rapport global sur ce denier thème paraîtra en 2019.

Quel sont les messages du premier rapport?

Il y en a trois. D'abord, les pollinisateurs – sauvages ou domestiques tels que les abeilles – possèdent une très grande valeur pour la production alimentaire, partout autour du monde. Ensuite, les pollinisateurs sauvages sont en déclin, et les abeilles sont sous pression. Finalement, il existe de nombreuses possibilités d'action pour les différents acteurs.

Formule-t-il des recommandations concrètes?

Non, car l'esprit de l'IBPES n'est pas de proposer des normes mais plutôt des options – comme réduire les effets nocifs des pesticides ou tirer parti des possibilités de l'agriculture biologique.

L'IBPES est comparée au GIEC, parfois critiqué. Que faites-vous autrement?

Une différence est que notre plateforme cherche davantage à apporter des réponses à des questions concrètes formulées par les représentants des gouvernements. Il est important d'acquérir une légitimité externe: non seulement dans le monde académique, mais également au niveau politique.

Certains vous reprochent de négliger les autres acteurs de l'agriculture et de l'environnement.

Nos rapports sont rédigés par des experts qui incluent des scientifiques ainsi que des détenteurs de connaissances locales et traditionnelles.