Trois quarts des chercheuses et chercheurs mettent leurs données en libre accès

23/05/2019

Les chercheuses et chercheurs suisses partagent-ils leurs données avec d’autres scientifiques et avec le grand public? Et si ce n’est pas le cas, pourquoi? Quelles bases de données et quels autres canaux utilisent-ils? Une enquête lancée par le FNS et swissuniversities fournit quelques réponses.

​Plus de 2000 chercheuses et chercheurs ont répondu aux questions de l’enquête. Près de 1500, soit les trois quarts d’entre eux, donnent libre accès à leurs données sous une forme ou sous une autre. Néanmoins, parmi ces derniers, seuls 44 % utilisent pour ce faire des bases de données ou archives publiques. Environ 38% publient leurs données de recherche dans des revues scientifiques et/ou sur leurs propres sites web. Ces canaux de diffusion ne sont toutefois pas bien adaptés au partage de données. Ainsi, ils ne garantissent pas que l’on y trouvera les sets de données recherchés, ni que ceux-ci pourront être aisément réutilisés ou cités. Les 18 % restants de chercheuses et chercheurs qui partagent leurs données, le font sur la base des demandes personnelles qui leur sont adressées.

Le FNS prend note des réticences exprimées

Les scientifiques qui n’utilisent pas de bases de données ou ne partagent pas leurs informations invoquent pour raison principale le souhait de publier au préalable leur travail de recherche. Les inquiétudes liées aux droits d’utilisation des données et à leur confidentialité jouent également un rôle majeur. Le manque de temps, la pertinence limitée de certaines données ou la méconnaissance des bases de données existantes sont d’autres raisons fréquemment invoquées.

Le FNS respecte les réticences exprimées et n’exige la divulgation des données que lorsque celles-ci constituent la base d’un travail publié et ce, au plus tard au moment de la publication. Les données doivent être rendues accessibles à d’autres chercheuses et chercheurs, pour autant qu’aucune clause de nature juridique, éthique, concernant le droit d’auteur, la confidentialité ou autre ne s’y oppose.

Importance primordiale des bases de données par domaine

Les publications dans les bases de données se font à part égale sur des plateformes générales et sur une multitude de petites plateformes spécifiques à un domaine. En revanche, lorsqu’il s’agit de tirer parti des travaux d’autres scientifiques, la majorité des utilisateurs interrogés se rendent sur les bases de données par domaine et ce, même dans les disciplines pour lesquelles la publication des données se fait en majeure partie sur les plateformes générales.

Les participant-e-s à l’enquête ont nommé au total près de 150 bases de données différentes. Les trois quarts d’entre elles – dont la plupart des bases de données générales – sont domiciliées hors de Suisse.

Résultats comparables à ceux d’autres pays

L’analyse des résultats révèle que le comportement général de la communauté scientifique suisse et ses réticences à partager ses informations dans des bases de données publiques ne diffère guère de l’attitude adoptée par les autres communautés scientifiques réparties dans le monde entier. En ce qui concerne la quantité de données partagées, les résultats de l’enquête sont similaires à ceux d’études antérieures. Les initiatives lancées à l’échelon international en faveur de l’open science sont dès lors également applicables à la place scientifique suisse, pour laquelle il n’est pas indispensable d’élaborer des solutions nationales.

Un financement essentiellement public

Un autre volet de l’enquête s’intéressait aux informations collectées auprès de plus de 200 bases de données en Suisse et à l’étranger. Près de 80 % de ces bases de données sont portées par des fonds publics et rares sont celles qui s’appuient sur d’autres modèles économiques. Les coûts inhérents à la mise en place et à la maintenance des bases de données sont extrêmement variables et dépendent du profil d’exigences de la discipline scientifique concernée.

Poursuivre l’élaboration des directives

Le libre accès aux données est un principe clé des bonnes pratiques mises en œuvre dans le domaine de la science. Le FNS, qui s’attache à soutenir les chercheuses et chercheurs dans cette voie, est pleinement conscient des défis posés par la divulgation des données. Il veillera donc à tenir compte des enseignements de ce nouveau rapport pour poursuivre l’élaboration de ses directives relatives à l’accès public aux données de recherche.

Le FNS et swissuniversities ont mené cette enquête en 2018. Le rapport final (incluant les données de l’enquête) est désormais achevé et disponible en libre accès (voir le lien correspondant).

Rapport sur les bases de données (en anglais)

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SNF Open Research Data Group
E-Mail ord@snf.ch