Plateforme OA européenne : publier les résultats de recherche rapidement et gratuitement

© Oscar Wong / Getty Images
Temps de lecture : 9 min.

Le FNS va participer à Open Research Europe. Dès l’automne 2026, tous les scientifiques de Suisse pourront y publier leurs articles. Une étape importante pour la recherche scientifique dans notre pays.

Les résultats de recherche financés par des fonds publics doivent être librement accessibles à tout le monde. Basée sur le modèle du « libre accès diamant », la plateforme Open Research Europe (ORE) a été fondée en 2021 par la Commission européenne. Dans ce modèle, la publication et la lecture des articles sont gratuites. Le financement est pris en charge par des institutions publiques ou privées.

Jusqu’à présent, Open Research Europe s’adressait aux scientifiques bénéficiant de subsides de l’Union européenne. Au cours des cinq dernières années, elle a permis la publication de plus de 1200 articles signés par 6300 auteur·es.

Un consortium de 15 organisations

Aujourd’hui, la plateforme diamant évolue. 15 organismes d’encouragement européens, dont le FNS, se joignent au consortium ORE pour contribuer à son financement. La Commission européenne continuera de prendre en charge une part importante des coûts et apportera son expérience en tant qu’observatrice permanente. Le budget pour la période 2026–2031 s’élève à 17 millions d’euros.

La gouvernance du contenu et les aspects éditoriaux d’ORE resteront de la responsabilité du consortium. La plateforme sera exploitée à partir de l’automne 2026 par le CERN, à Genève (voir l’encadré).

Désormais, plus de 1,5 million de scientifiques issus des pays participants auront accès à ORE. Pour qu’un article soit publié, il suffit qu’un·e des coauteur·es travaille dans l’un de ces pays.

Une procédure ouverte et gratuite

Open Research Europe propose une solution de rechange, financée par des fonds publics, aux modèles commerciaux de libre accès et ne prélève pas de frais de publication (Article Processing Charges, APC).

La plateforme applique le modèle innovant « Publish-Review-Curate » et introduit une procédure ouverte d’évaluation par les pairs :

  • Publish (publication) : dans un premier temps, les articles soumis font l’objet d’une vérification du point de vue formel par ORE, puis sont publiés sous forme de prépublications.

  • Review (évaluation) : les articles sont ensuite soumis à une évaluation classique effectuée par plusieurs chercheuses et chercheurs spécialistes du domaine concerné. Leurs rapports d’évaluation sont également archivés sur ORE et peuvent être consultés par le public. Les auteur·es peuvent commenter les rapports et réviser leur article le cas échéant. Toutes les versions de l’article restent sur ORE.

  • Curate (conservation) : les articles qui réussissent à franchir l’étape de l’évaluation sont alors conservés sur ORE dans des collections thématiques.

Un impact renforcé pour les résultats de recherche

En rejoignant le consortium ORE, le FNS permet à l’ensemble des chercheuses et chercheurs en Suisse, toutes disciplines confondues, de publier gratuitement leurs articles sur la plateforme, que leurs recherches soient encouragées par le FNS ou non.

« C’est une étape importante pour la science suisse », souligne Torsten Schwede, président du Conseil de la recherche. « D’une part, nous offrons aux scientifiques une plateforme de publication sans frais dans un excellent environnement européen. D’autre part, nous offrons aux milieux scientifiques, économiques, politiques et à la société civile un accès simple et gratuit aux résultats de recherche. Nous renforçons ainsi l’impact de la recherche financée par l’argent des contribuables. »

À partir de l’automne 2026, Open Research Europe acceptera les articles de scientifiques établis en Suisse en vue de leur publication.

Diversité et viabilité financière

La participation du FNS à la plateforme diamant fait partie de l’actualisation de sa stratégie sur l’open access. « Nous nous engageons encore davantage en faveur d’un paysage éditorial diversifié et financièrement viable, et ORE en est un élément essentiel. Nous contribuons ainsi à la mise en œuvre de la Stratégie nationale suisse sur l’Open Access », ajoute Torsten Schwede.

En parallèle, l’organisation faîtière swissuniversities offre également aux scientifiques davantage de possibilités de publication en libre accès diamant. Ainsi, le projet CoDOA-CH vise à mettre en place un financement commun des revues Diamond Open Access par les hautes écoles suisses.

Par ailleurs, le FNS continue de financer la publication d’articles en libre accès dans des revues éditées par des maisons d’édition commerciales. À compter de 2027, le FNS limitera toutefois le montant maximal des frais de publication à 3500 francs. Il ne financera par conséquent plus les frais plus élevés, même au prorata.

Un projet communautaire européen

Open Research Europe compte désormais parmi ses membres 15 organismes d’encouragement des pays suivants : Allemagne, Autriche, Espagne, France, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Slovénie Suède et Suisse. Tous les scientifiques de ces onze pays peuvent publier gratuitement leurs articles sur la plateforme.

La plateforme ORE est basée au CERN, à Genève, qui met à la disposition des scientifiques un environnement neutre, fiable et durable. Il s’appuie à cet effet sur son expérience dans la gestion d’initiatives en faveur de la science ouverte, telles que Zenodo et Scoap3. Sur le plan technique, la plateforme repose sur le logiciel open source « Open Journal Systems (OJS) », utilisé dans le monde entier.

De multiples avantages pour les scientifiques

Tobias Philipp*, à qui s’adresse Open Research Europe ?

Aux chercheuses et chercheurs de toutes les disciplines, qu’elles ou ils soient issus des domaines MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique), des sciences de la vie ou des sciences humaines et sociales. La plateforme couvrait déjà l’ensemble des disciplines scientifiques. À partir de l’automne 2026, le nombre de publications devrait augmenter considérablement dans chacune d’elles.

Pourquoi publier sur ORE ?

D’une part, bien sûr, pour bénéficier d’un excellent service sans avoir à débourser quoi que ce soit. D’autre part parce que les articles peuvent être publiés immédiatement sous forme de prépublication, après un simple examen formel. Il n’est donc plus nécessaire d’attendre la fin de la procédure d’évaluation par les pairs, ce qui permet de rapidement discuter et diffuser les résultats. La publication des rapports d’évaluation contribue également aux échanges scientifiques ainsi qu’à faire avancer la recherche.

Lorsque des scientifiques bénéficiant d’un encouragement du FNS publient leur article sur ORE, remplissent-ils ainsi leur obligation en matière de libre accès ?

Oui, ils s’acquittent ainsi pleinement de cette obligation.

*Tobias Philipp est en charge de la question de l’open access au FNS. Il est vice-président du Funders Group d’Open Research Europe, l’organe de pilotage stratégique.